Le Mont Preneley en boucle entre Glux-en-Glenne et Rangère

Parti tôt ce matin-là depuis Glux-en-Glenne, avec cette sensation familière des randonnées réussies : un mélange d’envie de nature, de curiosité, et ce léger doute qui rend l’expérience vivante. Le circuit annoncé autour du Mont Préneley promettait une immersion complète dans le Morvan nivernais, entre sources, forêts et reliefs doux. Et sur ce point, la promesse est tenue.

Dès les premiers kilomètres, je me suis laissé porter par l’ambiance du paysage. Les sous-bois alternent entre feuillus et résineux, offrant cette lumière tamisée propre au Morvan. Le chemin est agréable, lisible, et l’on progresse sans effort particulier, bercé par les odeurs de terre humide et de mousse. Rapidement, je fais un détour vers les Sources de l’Yonne : un lieu discret, presque intime, où l’on prend conscience que ce mince filet d’eau deviendra rivière.

Plus loin, le passage par le Port des Lamberts est un vrai moment de grâce. Les cascades y sont un petit monde à part, entretenu avec soin, presque poétique. J’y ai traîné un peu, comme beaucoup sans doute. C’est le genre d’endroit qui invite à ralentir, à s’asseoir, à écouter.

La suite du parcours déroule une belle partition : chemins forestiers, clairières, quelques panoramas bien ouverts qui récompensent l’effort sans jamais le rendre pesant. On sent que l’itinéraire a été pensé pour le plaisir de marcher, plus que pour la performance. Le Morvan se révèle ici dans toute sa simplicité : sauvage, accessible, sincère.

Puis vient la question du sommet du Mont Préneley. Sur la carte, atteindre le point culminant de la Nièvre, à 755 m, a quelque chose de symbolique. Sur le terrain, l’expérience est plus contrastée. L’ascension se fait hors sentier, sans véritable trace. On progresse à l’instinct, dans une pente boisée parfois encombrée, avec des zones de coupe qui compliquent le passage. Rien d’insurmontable, mais clairement pas le moment le plus agréable de la randonnée.

Arrivé en haut, pas de panorama spectaculaire. Une borne géodésique, quelques signes de passage, et une forêt dense qui empêche toute vue. J’ai ressenti là une petite déception, vite relativisée : tous les sommets ne sont pas faits pour être contemplatifs, certains sont simplement là, discrets, presque secrets.

Avec le recul, je comprends ceux qui choisissent de contourner cette portion. Le reste du parcours est suffisamment riche pour se suffire à lui-même. En évitant cette montée, la randonnée gagne en fluidité sans rien perdre de son charme.

La fin du circuit est, elle, particulièrement réussie. Le retour le long de l’Yonne naissante, les passages à gué, les prairies ouvertes… tout invite à terminer en douceur. J’ai même eu la chance d’apercevoir un chevreuil, furtif, comme un clin d’œil du Morvan.

Au final, cette randonnée est une très belle expérience, authentique et accessible. Elle incarne parfaitement l’esprit du Morvan : une nature généreuse, sans artifice, qui se mérite un peu mais qui sait offrir beaucoup. Si je devais la refaire, je partirais sans hésiter… peut-être en laissant le sommet du Préneley à sa tranquillité.

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